Quatre obligations s'imposent à toutes les collectivités, y compris aux communes de 200 habitants. Voici lesquelles, ce que vous risquez à ne pas les tenir, et ce qu'un socle technique peut prendre en charge à votre place.
Le RGAA — référentiel général d'amélioration de l'accessibilité — est le référentiel français qui définit les critères techniques permettant de vérifier qu'un service en ligne public est utilisable par les personnes en situation de handicap. Il s'impose à toutes les collectivités territoriales, sans seuil de population.
Autrement dit : une commune de 200 habitants a exactement les mêmes obligations formelles qu'une ville de 50 000. Le volume de travail n'est pas le même, l'obligation si. C'est le point qui surprend le plus souvent les élus des petites communes, et c'est aussi celui qui explique pourquoi la grande majorité des sites communaux français sont aujourd'hui en dehors des clous.
L'obligation est posée par l'article 47 de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005, ses modalités sont fixées par le décret n° 2019-768 du 24 juillet 2019, et ses critères techniques par le RGAA lui-même.
Elles sont cumulatives : tenir la première sans les trois autres ne suffit pas.
Une déclaration au format RGAA doit être publiée et accessible depuis le site, pour chaque service en ligne. Elle indique l'état de conformité, les contenus non accessibles, la date d'établissement et le moyen de signaler une difficulté. C'est le document que l'on vous demandera en premier.
L'état de conformité doit apparaître dès la page d'accueil, sous l'une des trois mentions prévues : « Accessibilité : non conforme », « partiellement conforme » ou « totalement conforme ». C'est le manquement le plus visible et le plus simple à constater de l'extérieur.
Un schéma pluriannuel de mise en accessibilité, d'une durée maximale de trois ans, doit décrire la politique de la commune et les moyens qu'elle y consacre. Il se décline en un plan d'action annuel. Les deux documents doivent être rendus publics.
Le site doit offrir à tout usager un moyen de signaler un défaut d'accessibilité et d'obtenir une réponse dans un délai raisonnable, en mentionnant les voies de recours — notamment la saisine du Défenseur des droits.
Le sujet est longtemps resté théorique. Il ne l'est plus. Depuis le 6 septembre 2024, en application de l'ordonnance n° 2023-859, un organisme public encourt une amende administrative pouvant atteindre 50 000 €, reconductible tous les six mois tant que le manquement persiste.
Il faut avoir en tête ce qui est le plus facilement constatable. Vérifier qu'un site respecte l'ensemble des critères techniques du RGAA demande un audit complet. En revanche, vérifier qu'une commune n'a pas publié de déclaration d'accessibilité, ou qu'aucune mention de conformité ne figure sur sa page d'accueil, prend trente secondes depuis n'importe quel navigateur. Ce sont donc ces manquements formels qui se constatent en premier — et ce sont aussi, heureusement, les plus rapides à corriger.
À côté de la sanction, il y a le risque de contentieux : un habitant qui ne parvient pas à accéder à un service public en ligne peut saisir le Défenseur des droits. Pour une commune, l'enjeu d'image est souvent plus lourd que l'enjeu financier.
| Point vérifié | Comment il se constate |
|---|---|
| Mention de conformité en page d'accueil | À l'œil nu, en quelques secondes. Manquement le plus fréquent. |
| Déclaration d'accessibilité publiée | Recherche du lien sur le site. Immédiat. |
| Schéma pluriannuel et plan d'action | Documents publics à retrouver sur le site. Immédiat. |
| Moyen de contact et voies de recours | Présence d'une adresse de signalement et de la mention du Défenseur des droits. |
| Respect des critères techniques | Audit détaillé, critère par critère. Beaucoup plus long. |
La question revient souvent, et la réponse est plus nuancée qu'on ne le dit. Le texte n'impose pas de faire réaliser un audit par un organisme tiers. Il impose de publier une déclaration indiquant l'état de conformité du site — ce qui suppose bien de l'avoir évalué, mais pas nécessairement par un prestataire externe. Une commune peut procéder à une auto-évaluation, à condition de le faire sérieusement.
Un audit externe garde évidemment de la valeur : il donne un taux de conformité opposable, une liste précise de non-conformités et un document daté. Mais il a un coût qui, pour une petite commune, se compare parfois à plusieurs années d'abonnement à sa solution de site — et il photographie un site à un instant donné : publier ensuite un PDF scanné suffit à réintroduire des non-conformités.
La position raisonnable pour une commune de petite ou moyenne taille est donc : tenir d'abord les quatre obligations formelles, qui sont celles que l'on vous reprochera en premier et qui ne coûtent presque rien, puis travailler l'accessibilité réelle dans la durée — au moment de la refonte, puis à chaque publication.
La refonte est le bon moment pour reprendre l'accessibilité →
Le socle technique de nos sites intègre les points structurants du RGAA : structure de titres cohérente, navigation complète au clavier avec focus toujours visible, lien d'évitement vers le contenu principal, contrastes de couleurs vérifiés, textes alternatifs sur les images porteuses d'information, formulaires étiquetés, respect du réglage « animations réduites » du système et affichage adapté aux mobiles et tablettes. Un mode sombre est disponible.
Le point important est que ces choix sont intégrés au socle, pas laissés à la vigilance de l'agent qui rédige. Une commune n'a pas à les remettre en place à chaque publication, et un changement de personne à la mairie ne fait pas régresser le site. Les pages légales obligatoires — dont la déclaration d'accessibilité — sont générées et modifiables depuis le back-office.
Nos sites n'ont pas fait l'objet d'un audit RGAA par un organisme tiers, et nous ne revendiquons donc aucun taux de conformité formel. Écrire « site 100 % conforme RGAA » sans rapport d'audit daté serait une affirmation invérifiable — et c'est pourtant ce que promettent beaucoup d'offres. Nous préférons décrire précisément ce qui est mis en œuvre. Si un prestataire vous annonce une conformité totale, demandez-lui le rapport : sa réponse vous renseignera.
Il faut le dire franchement, parce que c'est ce qui fait échouer la plupart des démarches d'accessibilité : un socle accessible ne suffit pas si les contenus publiés ne le sont pas. Trois cas reviennent en permanence dans les sites communaux :
C'est pourquoi la formation remise à vos agents aborde ces points : déposer un PDF issu du traitement de texte plutôt qu'un scan, écrire le texte de l'affiche dans l'actualité en plus de l'image, renseigner les descriptions d'images. Ce sont des gestes simples, mais ils font plus pour l'accessibilité réelle qu'un audit rangé dans un tiroir.
Un site communal n'est pas une vitrine : c'est souvent le seul endroit où trouver les horaires de la mairie, la date du conseil, un formulaire de démarche ou une alerte de coupure d'eau. S'il est inutilisable au clavier, illisible en fort contraste ou muet pour un lecteur d'écran, ce sont des habitants qui perdent l'accès à un service public — le plus souvent des personnes âgées ou en situation de handicap, c'est-à-dire précisément celles qui se déplacent le moins facilement jusqu'à la mairie.
Cette page a une visée d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique. En cas de doute sur votre situation, rapprochez-vous de votre délégué à la protection des données ou de votre conseil habituel.
Les mêmes exigences de lisibilité s'appliquent à l'application mobile de votre commune : contrastes, tailles de texte respectant les réglages du téléphone, libellés lus par les lecteurs d'écran. Elle est comprise dans l'abonnement et gratuite pour vos habitants.
On regarde ensemble ce qui manque à votre site actuel — déclaration, mention de conformité, contrastes — et ce que donnerait le vôtre sur notre socle. 30 minutes, sans engagement.
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