Une commune de 300 habitants a les mêmes obligations qu'une métropole. Voici ce que le RGPD impose vraiment à une mairie, ce qui se joue sur le site lui-même, et ce qu'un socle bien conçu règle une fois pour toutes.
Le RGPD s'applique à toutes les communes, sans seuil de population. Une mairie traite des données personnelles dès le premier jour : état civil, listes électorales, inscriptions scolaires et périscolaires, cantine, cimetière, fichier des associations, demandes reçues par le site. Elle est donc responsable de traitement, au même titre qu'une grande collectivité — avec, le plus souvent, aucun service dédié pour s'en occuper.
Cette page distingue deux choses que l'on confond souvent : les obligations générales de la commune, qui dépassent largement le site internet, et ce qui se joue sur le site lui-même — la partie que le choix d'une solution règle ou aggrave.
Aucun prestataire de site ne peut les tenir à votre place. Autant savoir où vous en êtes.
L'article 37 du RGPD impose un délégué à la protection des données à toute autorité publique, sans condition de taille. Il peut être un agent, un DPO mutualisé à l'échelle de l'intercommunalité ou du centre de gestion, ou un prestataire. Il doit être déclaré à la CNIL — et ce ne peut être ni le maire, ni un adjoint, ni un conseiller délégué.
Prévu à l'article 30, il recense chaque traitement : finalité, données collectées, personnes concernées, destinataires, durée de conservation, mesures de sécurité. C'est le premier document demandé en cas de contrôle, et le plus souvent absent dans les petites communes.
Chaque formulaire — inscription scolaire, demande de salle, signalement, newsletter — doit indiquer pourquoi les données sont collectées, combien de temps elles sont conservées et comment exercer ses droits. L'information doit être donnée au moment de la collecte, pas enfouie dans une page.
Mots de passe, droits d'accès limités au nécessaire, sauvegardes, et un contrat écrit avec chaque sous-traitant. Une violation de données doit être notifiée à la CNIL sous 72 heures — ce qui suppose de savoir qu'elle a eu lieu.
C'est la partie où le choix de la solution fait toute la différence — et celle où la plupart des sites communaux sont en défaut sans que personne à la mairie ne le sache, parce que le problème est invisible à l'écran.
Un site construit sur un thème du commerce charge presque toujours des ressources depuis des serveurs extérieurs : des polices d'écriture chargées depuis Google, une carte Google Maps pour situer la mairie, une vidéo YouTube intégrée, un pixel Facebook hérité d'un ancien prestataire, un outil de mesure d'audience. Chacun de ces appels transmet à une société tierce l'adresse IP de votre visiteur, la page qu'il consulte et souvent bien davantage — sans qu'il l'ait choisi, et sans que la commune l'ait voulu.
Pour une mairie, c'est doublement gênant : ces transferts doivent être justifiés et documentés, et il est difficile d'expliquer à un habitant que consulter les horaires de sa mairie a prévenu trois sociétés américaines.
La solution la plus simple n'est pas de les encadrer : c'est de ne pas en avoir. Polices installées avec le site, cartes servies depuis un fond de plan libre, aucun script externe. C'est le parti pris de HelloMairie : aucun appel n'est fait vers Google, Facebook ou Amazon.
Un bandeau doit permettre de refuser aussi facilement que d'accepter, présenter le choix par finalité, et surtout ne rien déposer avant le consentement. Or l'erreur la plus répandue est le bandeau décoratif : il s'affiche, mais les traceurs ont déjà été déposés au chargement de la page. Juridiquement, il ne sert alors à rien — il documente même le manquement.
Quand un site n'utilise aucun traceur non essentiel, la question devient beaucoup plus simple à traiter : il n'y a rien à faire consentir.
Chaque formulaire est un traitement de données : demande de rendez-vous, inscription à la cantine, réservation de salle, signalement de voirie, newsletter. Il doit porter sa mention d'information, ne collecter que le nécessaire, et prévoir une durée de conservation. Une inscription au recensement citoyen n'a pas à rester en base pendant dix ans.
Où sont physiquement les données de vos habitants ? Un hébergement hors de l'Union européenne, ou chez une société soumise à une législation extraterritoriale, vous oblige à documenter des garanties supplémentaires. Les sites et données HelloMairie sont hébergés en France. C'est une question à poser à tout prestataire, et la réponse doit être écrite dans le contrat.
Le prestataire qui héberge votre site et traite les données pour votre compte est un sous-traitant au sens de l'article 28 du RGPD. Cela impose un contrat écrit encadrant ses obligations : sécurité, confidentialité, sous-traitance ultérieure, assistance en cas de violation, sort des données en fin de contrat. Un contrat de sous-traitance conforme à l'article 28 est remis avec le contrat HelloMairie. Si votre prestataire actuel ne vous en a jamais fourni, c'est un manquement à régulariser — et une question à lui poser dès aujourd'hui.
| Sujet | Qui s'en charge |
|---|---|
| Absence de traceurs tiers sur le site | Le socle — aucun appel vers Google, Facebook ou Amazon. |
| Bandeau cookies par finalité | Le socle — géré nativement, rien déposé avant consentement. |
| Hébergement des données en France | Le socle — compris dans l'abonnement. |
| Mentions légales, confidentialité, cookies | Le socle — pages générées, modifiables depuis le back-office. |
| Contrat de sous-traitance article 28 | Remis avec le contrat. |
| Mentions d'information sur les formulaires | Partagé : le cadre est fourni, le texte relève de la commune. |
| Désignation et déclaration du DPO | La commune. |
| Registre des traitements | La commune, avec son DPO. |
| Durées de conservation des demandes reçues | La commune — décision d'organisation. |
Autrement dit : le site ne rend pas une commune conforme au RGPD, et aucun prestataire honnête ne vous dira le contraire. Ce qu'un bon socle fait, c'est supprimer toute une catégorie de problèmes — ceux qui viennent de la technique et que la mairie ne peut ni voir ni corriger — pour vous laisser traiter les sujets qui relèvent vraiment de votre organisation.
La CNIL peut prononcer une mise en demeure — parfois rendue publique — et une amende administrative. Pour une mairie, la publicité de la décision pèse généralement plus lourd que le montant : elle est reprise localement, et elle tombe rarement au bon moment.
Mais le risque le plus concret n'est pas la sanction : c'est la violation de données. Un site communal construit sur un CMS non maintenu finit par être compromis — c'est une question de temps, pas de chance. Le jour où un fichier d'habitants, une liste d'inscrits à la cantine ou une base de contacts se retrouve exposé, la commune doit le notifier à la CNIL sous 72 heures et, selon la gravité, informer les personnes concernées une à une. C'est à ce moment-là que l'absence de registre, de DPO et de contrat de sous-traitance devient un vrai problème.
Cette page a une visée d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Pour votre situation, rapprochez-vous de votre délégué à la protection des données.
L'application mobile de votre commune suit la même règle que le site : aucun compte à créer pour vos habitants, aucune publicité, aucun traceur publicitaire. Un habitant reçoit les alertes de sa mairie sans avoir à livrer son identité à qui que ce soit.
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